The ScreenShot, c'est un pseudo que j'utilise actuellement afin de présenter mes compilations de musiques de jeu. Mais c'est surtout, et avant tout, un concept formidable, et une histoire hors du commun !
Petit récit romancé d'un groupe imaginaire né d'un concept bien réel...
Tout commence à la fin des années 1990. Arnaud Duffour vient de souffler ses dix bougies. C'est alors que naît de l'esprit de son cousin Lionel Viguié l'idée assez folle d'enregistrer les musiques de jeux vidéo. Et pas n'importe lequel pour commencer : Street Fighter II Turbo sur SNES.
En effet, quelques semaines plus tôt, les deux cousins, ainsi que Damien (le frère de Lionel) ont fait une trouvaille fascinante : un vieux poste radio-cassette permettant aussi l'enregistrement direct à laide de deux micros intégrés au dessus des enceintes.
Après avoir enregistré l'intégralité du sound-test du jeu sur cassette-audio et avoir fait écouter l'enregistrement à son frère et à son cousin, Lionel soumet l'idée de compiler toutes les musiques de leurs jeux sur cassettes en procédant à des enregistrements en prise directe à l'aide de ce poste.
Tous trois passionnés de jeux-vidéo, le groupe s'empare du précieux poste et procède à l'enregistrement des thèmes musicaux de tous les jeux qu'ils ont pu recenser sur l'Amstrad CPC 6128+ qu'un autre cousin, Nicolas Viguié, avait légué à Arnaud quelques mois auparavant.
Logo officiel du groupe depuis 2008. L'aspect de base du dessin est né en même temps que le nom de ScreenShot : une épée rappelant la forme du T et un serpent rappelant la forme du S dans ''The ScreenShot''. Comme tout ce qu'a fait le groupe,
le logo a été ''emprunté'' à un dessin trouvé sur internet et choisi parmi une dizaine, comme étant celui
s'approchant le plus du tout premier concept art de logo qui ait jamais été imaginé.
Vivant à fond cet état de grâce, les jeunes gens décident de donner à leur concept de ''compilateurs de musiques de jeux'' un nom, comme pour un groupe musical. Forts de leur expérience commune sur l'Amstrad, ils décident, surfant sur la vague Boys Band des 90's, de se baptiser Computers Band.
Le groupe met ainsi au point sa première cassette officielle, regroupant sur la Face les musiques de Street Fighter II Turbo, et sur le tout le reste de la bande un premier florilège de musiques CPC, dont l'excellent Burnin' Rubber, mais aussi les inoubliables Arkanoid, Saboteur, Tetris, Space Harrier...
Suivit une seconde, puis une troisième cassette, où commencèrent à apparaître d'autres consoles que la SNES, et contenant en bonus-track les toutes dernières pistes Amstrad pas encore capturées alors : Overlander, Ikari Warriors, Ninja Rabbits, Butcher Hill...
Puis le groupe décide de se diversifier en enregistrant aussi des musiques de films, notamment des génériques (Terminator, Gremlins, La Cité de la Peur, Men In Black, Mortal Kombat) mais c'est alors que le bruit commence à courir sur le nom du groupe qui serait rediscuté en faveur de Screen Band, qui traduisait alors plus fidèlement l'esprit du groupe, à savoir capturer la bande-son de tout média projeté sur écran : jeux-vidéo sur consoles et ordinateurs, mais aussi films, animés, séries et téléfilms. L'idée ne fut cependant jamais adoptée.
Il faut attendre près de cinq ans, et presque le double en cassettes-audio (qui firent les beaux jours des bandes-son SNES de Killer Instinct, Donkey Kong Country II, Ultimate Mortal Kombat 3, mais aussi Jurassic Park, Super Soccer, Super R-Type, Super Aleste) avant que le groupe ne connaisse son premier bouleversement. Au fil des années, les liens entre les trois garçons se sont affaiblis, et les moments d'intense complicité se font de plus en plus rares, voire inexistants, moments qui leur avaient par ailleurs valu les critiques les plus insidieuses sur leurs meurs que l'on soupçonnait souvent de répréhensibles à en juger par leurs attitudes souvent ambigües.
Leurs plus farouches détracteurs n'eurent jamais officiellement gain de cause, même si le résultat les satisfit pleinement, puisque le groupe cessa de donner signe de vie pendant plusieurs années.
Les années 2000 furent un électrochoc pour toute une communauté de fans qui apprit que le groupe avait cessé de se fréquenter, les deux frères Viguié ayant tacitement admis avoir quitté le groupe et laissé Arnaud gérer seul l'avenir du label.
Décidant de redorer une image bien ternie par le temps, Arnaud Duffour s'employa alors, grâce à l'acquisition d'un PC en 2001, à retranscrire le contenu des enregistrements de Computers Band sur CD. Il tenta aussi de nouveaux enregistrements, mais n'utilisant que des formes de copie analogiques en prise directe, la qualité de son assez modeste fit pâtir ces nouvelles compilations d'un succès très mince, voire d'un mépris de la plupart des fans pour ces tentatives désespérées de revenir sur le devant de la scène.
C'est pourtant à cette période qu'Arnaud décide de changer le nom du groupe pour The ScreenShot, nom plus à la mode et retranscrivant le concept de base qui a fondé le groupe.
''Ce nom signifie ce que notre groupe a toujours été. Il est à la musique de jeux ce qu'une capture d'écran est à l'animation d'un jeu : un témoignage figé et éternel de son existence, une manière de dire que tel jeu, ça donnait ça IRL. The ScreenShot, c'est l'équivalent musical de la capture d'écran, avec ses défauts, ses imprécisions, malgré sa volonté indéniable de montrer du jeu ce qu'il a de meilleur au monde entier.''
Les anciennes cassettes sont même rééditées sous ce nom, ce qui n'est là encore pas du goût des tous, en particuliers des nostalgiques-puristes, malgré une volonté affichée de ne pas se réécrire l'histoire.
''The ScreenShot reste une entité à part, ce n'est ni Arnaud Duffour, ni un groupe de 3 adolescents fans de jeux vidéo. C'est - et ça a toujours été ainsi - un concept unique en son genre, une marque de fabrique. Vous constaterez cependant que je parle toujours de groupe car The ScreenShot est un concept qui n'a pas changé depuis ses débuts, donc je considère l'entité de la manière dont sa nature profonde l'a toujours désignée aux yeux du monde. De même, lorsque je dis nous pour parler de The ScreenShot je ne cherche pas à parler au nom des anciens membres du groupe, je parle simplement au nom du groupe car j'en suis l'unique ambassadeur aujourd'hui, mais je tiens à préserver cet esprit de groupe tel qu'il a toujours été, c'est un concept basé sur le collectif et il perdrait tout son sens si je me le ré-appropriais sous un nouveau pseudo afin de ne parler qu'au singulier.''
A cet égard, Arnaud Duffour fut souvent vu par de nombreux média comme un détraqué à certaines phases de la promotion de ses nouvelles productions.
''Je ne suis pas The ScreenShot, c'est une entité supérieure, comme une religion si vous préférez, et en tant que telle on se doit d'en parler au pluriel. Il n'y a pas tant de différence entre l'appartenance à un groupe de musique et l'appartenance à une religion, une croyance, ou une philosophie.
Illuminé est un mot qui me flatte, si l'on considère que l'essence même de notre concept repose sur les écrans, donc sur la lumière. Sans lumière, The ScreenShot n'aurait jamais pu naître. A ce titre, tous ceux qui caressent, embrassent, ou même épousent cette vision de l'art dans l'art sont des illuminés.''
Cette vision très personnelle d'art collectif qu'il défend en toute occasion lui a valu des foudres qui redoublèrent en intensité de la part de ses détracteurs passés, mais il limita la casse auprès de ses fans et parvint même à rattraper les déboires essuyés auprès de fans anciennement désistés suite au départ des frères Viguié.
''Encore une fois, je ne suis pas The ScreenShot et ne le serai jamais. Si vous tenez tant à me donner un pseudo, appelez-moi Mesh4, ou à la rigueur St.Igma - mon pseudo de gamer - mais n'associez pas ma personne à The ScreenShot. Si vous persistez dans l'erreur, je ne peux rien pour vous.''
Ce fût un des derniers entretiens rendus publics par la presse, média qu'il ne manquait jamais de critiquer au vu du contexte d'alors.
Près de cinq ans plus tard, on compte le triple en CD audio parus : d'abord un transfert des musiques Amstrad sur le premier album, dCy, mais aussi un album X-Rated rassemblant des musiques de films pornographiques et qui sera réédité dans deux versions différentes, mais aussi un troisième album, The ScreenShot, recensant Super R-Type, Super Aleste, et Super Metroid, et bien d'autres albums consacrés à Castlevania, Unreal Tournament, Deus Ex, mais aussi Doom, Carmageddon, et tout un tas de mini-jeux aux musiques midi.
Cependant, la méthode d'enregistrement, même si elle se fait directement depuis un PC, est toujours la même : la prise directe. Ainsi, la qualité n'est pas toujours au rendez-vous, et les fans sont déçus du résultat qui trahit parfois l'esprit d'origine du groupe qui est de retranscrire le plus fidèlement possible la musique de l'oeuvre originelle.
Mais vers la fin des années 2000, tout bascule : Arnaud fait l'acquisition de nouveaux logiciels, acquiert de nouvelles méthodes de transcodage audio et perfectionne sa technique. C'est ainsi qu'il se décide à recentrer l'activité du groupe sur la musique de jeux-vidéo uniquement.
''C'est ni plus ni moins qu'un retour aux fondamentaux, et c'est en fin de compte la seule chose qui ait jamais donné au groupe sa raison d'exister.''
Arnaud présente ainsi son nouveau projet : chaque album de The ScreenShot consistera en un coffret 2 CD. Un CD au format mp3 regroupant plusieurs dossiers faisant chacun office d'authentiques CD audio, et un second CD (audio, quant à lui) d'une durée optimisée, faisant office de Best-Of récapitulatif et destiné aux amateurs de HiFi.
La sortie du premier album next-gen de The ScreenShot ''dCy'' a lieu début 2008, après ''une gestation de près de 6 mois''.
''Même si ce sont mes mots, c'est un contresens de dire cela, car c'est un travail qui avait déjà pris forme des années auparavant sous le même nom, et à l'époque c'était déjà une capture audio sur PC en prise directe des cassettes faites au tout début de l'aventure. Si nous voulons être précis, c'est une gestation de 10 ans qui a fait naître dCy, c'est la véritable génèse du genre dans sa version la plus aboutie. J'oserai même dire sans aucun scrupule que ScreenShot n'a jamais été plus fidèle à lui-même que dans dCy.''
Ce n'est d'ailleurs pas pour rien si le sous-titre de ce premier opus est ''Birth And First Tapes Of The ScreenShot'' mais ceci est une autre histoire...